NATHANAËL, L’ÂME BRICOLEUR 3ème partie

Nous sommes donc en décembre 2010. Le papa des garçons n’avait pas pu les prendre durant son weekend et ils l’avaient très mal vécu. Environ 15 jours après cet incident, Nathanaël a eu sa première crise de violence. Je suis rentrée à la maison après avoir récupérer mes 2 autres enfants à la garderie et ce fut une vision d’horreur : tout le salon-cuisine était tapissé de caca de chien. Mon Nathanaël était dans une colère noire en m’expliquant que notre chien, Mahjong l’avait mordu. Ce fut très compliqué pour avoir l’histoire, mais j’ai compris que lorsqu’il était rentré, le chien s’était un peu lâché et avait fait un caca dans la cuisine. Nathanaël ne l’a pas supporté et il s’en ait pris Mahjong. Ce dernier, nouveau venu dans la famille à l’époque et n’ayant connu qu’un garage sans beaucoup de contact humain, a pris l’attitude de mon fils pour une menace (ce qui était le cas) et il l’a mordu. Nathanaël est donc parti dans une rage folle et a poursuivi le chien dans le salon-cuisine en le frappant. Le chien sous l’effet de la terreur et de la douleur, a fait caca durant tout l’épisode. Je me rappelle encore les 3 heures de nettoyage.DSC08229

Ce déclencheur a été le début d’une très longue série de crise de violence envers les animaux, mais aussi ses frères. Grâce à mon amie Perrine, qui est monitrice- éducatrice, j’ai découvert la gestion de la colère, la psychologie des enfants en crise et bien sûr, les joies de la contention. Heureusement que mon amie était là car je ne sais pas comment j’aurais fait. En effet, lorsque vous demandez des formations sur la violence infantile, on vous regarde de travers pour commencer, puis on vous demande la pathologie de votre enfant, sauf que Nathanaël ne rentre dans aucune case : il n’est pas TED (troubles envahissants du développement), ni autiste, ni TDAH (trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité). La réponse fut : « Désolée, madame, on ne peut rien faire pour vous ».

Malgré mes réticences, Nathanaël fut mis sous traitement : anti-psychotiques et régulateur d’humeur. Cela l’a beaucoup soulagé et aidé, mais en contrepartie, il a pris 20kg en 2 mois. En génétique, c’est la sonnette d’alarme. Durant 2 ans, nous avons été suivi par le REPOP Aquitaine (réseau pour lutter contre l’obésité infantile). Un suivi psychologique hebdomadaire a aussi été proposé.

Et puis en janvier 2015, nouvelle crise extrêmement importante. A ce moment, Nath se sentant agressé, envoie son coude dans une vitre. Résultat : 30 points de suture, une artère sectionnée et une nuit d’hospitalisation. Le seul point positif est que Nathanaël a une tolérance à la douleur très élevée, ce qui est « pratique » lorsqu’on a des soins à faire.

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Naïvement, je pensais que cela allait s’arrêter. Le 2 mars 2015, retour des vacances et tournant dans nos vies. A la descente du bus, je récupère un Nathanaël violent, incontrôlable, voulant tuer son petit frère. Durant le trajet, il avait commencé à détruire le bus et s’en était pris au chauffeur. Imaginez son soulagement quand il me l’a déposé. Les directives du psychiatre de l’IME étant que je devais l’amener aux urgences, me voilà à charger mes 2 garçons. Pendant les 15 kilomètres pour aller à l’hôpital, les plus longs de ma vie, je conduisais tout en empêchant Nathanaël de s’en prendre à son frère. Voyant que je fessais barrage, il s’en est pris à moi : coup de poing dans le cou, les cheveux tirés et j’en passe, sans oublier les coups de pieds dans la poitrine que j’avais déjà eu en le chargeant dans mon véhicule.

A la vue de l’hôpital, un immense soulagement m’a envahi. J’ai mis Léandre en sécurité, fermé Nathanaël dans mon véhicule (qu’il a bien abîmé) et suis allée chercher du secours. Malheureusement, Nathanaël a trouvé le moyen de sortir de mon véhicule et j’ai juste eu le temps de le voir s’enfuir en ville. Et là, on découvre de nouvelles joies : celles d’appeler la police pour qu’ils partent à la recherche de votre enfant qui est dans un monde parallèle et qui se sent totalement agressé par le monde extérieur. Avec Léandre, nous avons bien sûr été pris en charge par les urgences. Nous étions dans un état difficilement descriptible. Léandre était dans une terreur sans nom, augmenté par sa phobie des blouses blanches et des piqûres. Quand à moi, encore aujourd’hui, je ne saurais expliquer mes ressentis : le choc était trop violent.

Finalement, Nathanaël fut retrouvé chez son père et ramené à l’hôpital. Une nouvelle étape dans sa vie commença.IMG_8402

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